À l'université, une conférence dissèque les crises politiques à répétition de Madagascar

À l'université, une conférence dissèque les crises politiques à répétition de Madagascar

Image d'illustration — Lemurbaby, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons.

Réunis à Antananarivo, chercheurs et historiens ont tenté d'expliquer pourquoi la Grande Île enchaîne les ruptures institutionnelles depuis l'indépendance.

La salle est comble, ce 7 août, sur le campus d'Ankatso. Une conférence-débat consacrée aux « crises politiques récurrentes à Madagascar » réunit la politologue Christiane Rafidinarivo, le chercheur Faneva Ratsimba Rajaona et l'historien Richard Ranarivony. L'auditoire, majoritairement étudiant, cherche des clés de lecture après la transition de l'automne 2025.

Le constat de départ est partagé : depuis 1972, aucun président malgache n'a quitté le pouvoir au terme normal prévu par les textes. Coups d'État, soulèvements populaires, contestations d'élections : les intervenants décrivent un cycle où chaque sortie de crise prépare la suivante, faute d'institutions solides et d'un arbitrage accepté par tous.

Des causes structurelles

Pour les panélistes, la personnalisation du pouvoir, la faiblesse des contre-pouvoirs et la dépendance de l'économie aux aides extérieures forment un terrain propice aux ruptures. La question sociale — accès à l'eau, à l'électricité, à l'emploi — sert régulièrement de détonateur, comme l'a montré la mobilisation de septembre 2025.

Et maintenant ?

Les échanges se sont conclus sur la période en cours. La Refondation de la République promet une concertation nationale suivie d'élections, mais les intervenants ont mis en garde contre la tentation de rejouer les scénarios passés : commissions sans lendemain, calendriers glissants, promesses non tenues. « La rupture du cycle se jouera dans la capacité à respecter un calendrier annoncé », a résumé l'un d'eux.

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